présence

Publié le par lizaine

 

 

 

 

      Présente, éternellement présente présence,
     Jamais tu n’as cessé d’être
     Ici et maintenant en chaque maintenant et ici,
     Et tu apportes encore
     De ton trésor de couleur, de lumière,
     De senteurs, de notes, le chant du merle dans le soir,
     Si clair parmi les feuilles vertes et odorantes,
     Comme au temps de l’enfance toujours nouveau, de nouveau.
     Ma main qui écrit vieillit, mais moi aussi
     Je répète uniquement et encore une fois
     L’unique chant humain, du fond du souvenir
     D’une joie, un mode
     Que non moi mais la musique connaît
     Qui nous forme, nous informe, fait entendre par nos voix
     L’accord du ciel et de la terre, d’en haut et d’en bas, qui sont
     Cette musique des sphères que Pythagore perçut.
     Moi, vivante, comme le merle je fais entendre
     Dans l’ignorance de ce qu’elle dit, la voix qui ne meurt pas.

 
Kathleen Raine
La Présence
Poèmes
Édition bilingue
Traduit de l’anglais par Philippe Giraudon
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article